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Favoriser la biodiversité en milieu agricole : aussi une question de rentabilité !

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Les milieux agricoles sont riches en biodiversité, essentielle à la santé des écosystèmes et à la durabilité des pratiques agricoles. En intégrant des pratiques favorisant la biodiversité, les agriculteurs peuvent non seulement améliorer la biodiversité, mais aussi augmenter la résilience de leurs cultures et leur rentabilité à long terme.

Avantages de la biodiversité en milieu agricole

 

1. Amélioration de la productivité


Favoriser la présence des pollinisateurs

Les pollinisateurs indigènes, tels que les abeilles, les bourdons et les papillons, sont cruciaux pour la productivité agricole, étant responsables de la pollinisation de 70 % des plantes cultivées. En favorisant leur présence, les agriculteurs peuvent augmenter les rendements.

Amélioration des sols

Plusieurs pratiques favorisent la biodiversité du sol, améliorant ainsi sa structure et sa fertilité.  Les légumineuses favorisent naturellement les symbioses avec les mycorhizes du sol. Leur utilisation dans les rotations, comme engrais verts ou cultures intercalaires, améliore la productivité et augmente la biodiversité du sol grâce à ces liens synergiques entre champignons et plantes.

2. Avantages économiques


Réduction de l’utilisation d’intrants

Une grande biodiversité amène une réduction de l’utilisation d’intrants chimiques coûteux grâce à des méthodes naturelles de gestion des cultures, diminuant ainsi les dépenses. Par exemple, les prédateurs naturels, tels que l’alouette hausse-col et le goglu des prés, aident à contrôler les populations de ravageurs, réduisant le besoin de pesticides. Selon les auteurs du guide Aménagements et pratiques favorisant la protection des oiseaux champêtres, publié par Québec Oiseaux, on estime qu’environ 130 000 insectes par jour pourraient être naturellement éliminés dans les champs situés à proximité de haies naturelles d’arbustes, qui abritent une forte densité d’oiseaux (158 individus par hectare). Les oiseaux granivores contribuent également, en consommant les graines de mauvaises herbes, à réduire leur propagation et l’usage d’herbicides (S. Lamoureux et C. Dion.)

Diversification des revenus

En intégrant de nouvelles cultures, les producteurs peuvent accéder à de nouveaux marchés et diversifier leurs revenus, augmentant ainsi la résilience de leur entreprise. Par exemple, l’implantation de cultures comme le blé d’automne ou le seigle d’automne dédiés à l’alimentation humaine. De plus, les produits issus de pratiques agricoles durables attirent les consommateurs soucieux de l’environnement.

3. Adaptation aux perturbations environnementales, y compris les changements climatiques

Les pratiques agricoles diversifiées rendent les exploitations plus résilientes aux conditions météorologiques changeantes, favorisant ainsi l’adaptation aux changements climatiques. La diversification des cultures, comme l’utilisation de cultures de couverture, réduit les risques liés aux maladies.

Pratiques pour favoriser la biodiversité

  1. Plantation de haies, de bosquets et de bandes riveraines
    Choisir des essences indigènes (arbustes à petits fruits). Ces structures fournissent des habitats, des perchoirs et des sites de nidification naturels pour les oiseaux et autres animaux.
  2. Installation de nichoirs, de perchoirs et de refuges artificiels
    Offrir des abris supplémentaires encourage la nidification et la présence de prédateurs naturels des ravageurs.
  3. Création de bandes fleuries
    Les bandes de fleurs sauvages fournissent du nectar et du pollen pour les pollinisateurs tout au long de la saison.
  4. Utilisation de cultures de couverture
    Ces plantes protègent le sol de l’érosion et améliorent sa structure.
  5. Rotation des cultures
    Alterner les cultures, les espèces et les familles réduit les maladies et les parasites, améliorant ainsi la santé des sols.
  6. Modification des pratiques de fauche
    Adopter des pratiques de fauche adaptées, comme modifier le patron de fauche, la vitesse de fauche, l’adoption de zones avec fauche retardée (p. ex. de 1 hectare) après la période de reproduction des oiseaux ou encore le maintien de prairies pour quatre à cinq ans. Ces pratiques permettent de protéger les oiseaux qui nichent au sol.
  7. Gestion des pâturages
    Sortir davantage le bétail des bâtiments, contrôler le broutage en effectuant une rotation des pâturages et limiter la densité.
  8. Conservation des éléments existants
    Conserver les clôtures, piquets, arbres morts, bâtiments et autres structures isolées ainsi que les végétaux des habitats marginaux déjà en place.

Possibilités de financement

Au Québec, plusieurs programmes offrent du financement et de l’aide pour soutenir les initiatives de biodiversité en milieu agricole. Ces programmes encouragent la participation des producteurs agricoles et la collaboration avec des organismes environnementaux.

Fondation de la faune du Québec

Cette fondation propose des subventions pour des projets visant à améliorer la qualité des habitats fauniques dans les bassins versants agricoles.

Organismes à but non lucratif

Les producteurs peuvent obtenir de l’accompagnement sur le terrain via des organismes à but non lucratif comme Québec Oiseaux ou Nature Action.

Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec

L’Initiative ministérielle de rétribution des pratiques agroenvironnementales (RPA) du Plan d’agriculture durable, un programme du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) géré par la Financière agricole du Québec (FADQ), visant à accélérer l’adoption des meilleures pratiques agroenvironnementales.

 

Cultiver la biodiversité : un investissement pour l’avenir

L’intégration de pratiques favorisant la biodiversité en milieu agricole démontre qu’il est possible d’allier performance économique et respect des écosystèmes. En améliorant la productivité grâce aux pollinisateurs, en enrichissant les sols et en réduisant la dépendance aux intrants chimiques, les agriculteurs renforcent la résilience de leurs exploitations. La diversification des revenus et l’adaptation aux changements climatiques complètent ce portrait gagnant. Chaque haie plantée, chaque rotation de culture et chaque refuge installé contribue à une agriculture plus durable et prospère. En repensant nos pratiques, nous investissons non seulement dans la rentabilité à court terme, mais aussi dans la pérennité de notre environnement et de notre secteur agricole.

Nous sommes là pour vous accompagner dans votre quête de connaissances

La formation sur la biodiversité en milieu agricole représente un investissement précieux pour un avenir agricole durable et prospère, permettant aux agriculteurs de mieux comprendre et intégrer les principes de la biodiversité dans leurs pratiques quotidiennes, offrant des bénéfices tangibles tant pour eux-mêmes que pour l’environnement.

Isabelle Gariépy ITAQ

Isabelle Gariépy
Conseillère à la formation continue – Secteur agricole

Téléphone : 450-778-6504 p.6240
isabelle.gariepy@itaq.ca
LinkedIn

Références

  • Gauvreau, M-C, Fertior, Boulfroy, E, CERFO. 2023. Les fiches d’Accompagnement pour l’implantation d’aménagements favorisant la biodiversité en milieu agricole, Comment favoriser les polinisateurs en milieu agricole, Centre d’enseignement et de recherche en foresterie, 8p.
  • Lamoureux, S. et Dion, C., 2019. Guide de recommandations-Aménagement et pratiques favorisant la protection des oiseaux champêtres, 2e édition. QuébecOiseaux, Montréal, 198 p.
  • Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, 2020. Agir, pour une agriculture durable Plan 2020-2030, Gouvernement du Québec, 38 p.

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