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Photopériodisme : comprendre et manipuler la lumière pour la floraison 

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La manipulation de la lumière est un levier incontournable pour maximiser la rentabilité en production horticole. Les avancées technologiques et les connaissances scientifiques dans ce domaine évoluent de façon fulgurante. Bon nombre de plantes sont dites photopériodiques, c’est-à-dire sensibles à la durée du jour et de la nuit, un mécanisme qui reflète leur adaptation à leur environnement d’origine. Voici un aperçu des notions clés à maîtriser pour mieux comprendre cet aspect du contrôle lumineux, souvent accompagné d’un vocabulaire technique complexe.

Photopériodisme et photopériode

La distinction entre photopériodisme et photopériode est subtile, mais importante :

  • Photopériode: durée quotidienne d’exposition à la lumière et l’obscurité dans un cycle de 24 heures.
  • Photopériodisme: réponse biologique des plantes à la photopériode.

En bref, la photopériode indique le temps d’exposition à la lumière, et le photopériodisme décrit comment les organismes y réagissent. En production horticole, l’enjeu est de gérer efficacement la photopériode.

Plante photopériodique

Les plantes photopériodiques réagissent à la photopériode avec des effets sur :

  • La floraison: certaines plantes fleurissent en hiver, d’autres en été.
  • La germination des graines: certaines graines nécessitent une période de lumière ou d’obscurité pour germer. Une stratégie permettant, par exemple, de synchroniser la germination avec une saison adéquate pour la survie du jeune plant.
  • La croissance et le développement: croissance en hauteur, formation de branches, de feuilles, de fleurs et de fruits et la sénescence du plant ou du feuillage. Par exemple, la réduction de la longueur du jour à l’automne est un signal pour les arbres feuillus de se préparer à perdre leurs feuilles.
  • La production d’hormones: régulation de changements physiologiques majeurs, tels que la floraison, la formation de tubercules, l’entrée en dormance ou d’autres processus liés aux hormones végétales.

 

Catégories de plantes photopériodiques

Les plantes ne réagissent pas toutes de la même façon à la photopériode. Nous les classons en trois grandes catégories.

  • Plantes à jours courts: fleurissent lorsque la durée du jour est inférieure ou égale à un certain seuil critique (de 12 heures ou moins).
  • Plantes à jours longs: fleurissent lorsque la durée du jour atteint ou dépasse un certain seuil critique (de 12 heures ou plus).
  • Plantes à jours neutres: leur floraison n’est pas influencée par la durée du jour ou de la nuit.

 

Une classification trompeuse, car c’est la nuit qui compte!

Les plantes réagissent en réalité au nombre d’heures continu d’obscurité. Quelques heures de lumière en pleine nuit peuvent « interrompre la nuit » et empêcher une plante à jours courts de fleurir. Alors, pourquoi parler de jours ?

Historiquement, le photopériodisme a été observé en fonction des variations saisonnières de la lumière du jour, d’où l’usage du terme « jours ». De plus, comme nous sommes plus actifs durant la journée, il est plus intuitif de référer à cette période. Toutefois, avec la multiplication des éclairages nocturnes dans notre environnement, il est important de retenir que c’est la durée de l’obscurité qui influence la plante. Nombreuses sont les sources de pollution lumineuse nocturne dans notre environnement moderne. Ces dernières sont à éviter si nous voulons contrôler la floraison des plantes à jours courts.

 

Deux types de réponses

Les plantes photopériodiques peuvent également être classées en fonction de l’intensité de leur réponse à la photopériode. Cette réponse peut être :

  • Obligatoire: la plante nécessite une certaine photopériode pour fleurir.
  • Facultative: la plante fleurit plus rapidement sous une certaine photopériode, mais ce n’est pas obligatoire.

Par exemple, une plante à jours courts obligatoire ne pourra fleurir qu’à la suite d’une période d’obscurité continue de 12 heures ou plus.

 

Autres conditions pour fleurir

Pour les plantes photopériodiques, la durée de la nuit seule ne suffit pas à déclencher la floraison. Trois autres facteurs sont tout aussi importants :

  • La juvénilité: la plante doit atteindre un certain stade de maturité avant de pouvoir fleurir.
  • La lumière: une intensité lumineuse minimale est nécessaire pour que la plante détecte qu’elle est en période de jour.
  • La température: la chaleur ou le froid peuvent empêcher l’initiation florale, même sous une photopériode favorable. Il est donc crucial de respecter les recommandations en lien avec les températures de production.

Chaque détail compte en production, et la manipulation de la photopériode est un outil essentiel pour la rentabilité de bon nombre de cultures.  Cette gestion peut se faire à toute saison, dès que la plante a atteint un certain stade de maturité, qui, pour certaines, est déjà atteint au stade plantule.

Comment manipuler la photopériode

Pour favoriser la floraison des plantes à jours courts :
  • Interruption de la nuit : évitez les sources de lumière pendant la nuit afin d’assurer une période d’obscurité de plus de 14 heures. 
  • Obscurcissement : utilisez des rideaux ou des toiles opaques pour fournir une période d’obscurité continue adéquate.
 
Pour favoriser la floraison des plantes à jours longs :
  • Prolongation de la lumière : ajoutez de la lumière artificielle en fin de journée pour réduire la durée de la nuit.

De nombreuses lampes d’éclairage (HPS, DEL, incandescentes, etc.) peuvent être utilisées pour contrôler la photopériode. Le meilleur choix est celui qui est le plus économique.

L’avenir de l’éclairage en horticulture

La manipulation de la photopériode n’est qu’un exemple d’outils possible dans la gestion de la lumière en production horticole. Plusieurs innovations sont en développement et l’éclairage avec des lampes DEL (diodes électroluminescentes) est désormais considéré comme l’option la plus prometteuse en raison de sa capacité à moduler le spectre lumineux et de son efficacité énergétique.  L’évolution est rapide, et pour faire des choix éclairés, mieux vaut commencer par comprendre la lumière !

Nous sommes là pour vous accompagner dans votre quête de connaissances

La formation Comprendre l’éclairage DEL et ses applications ! permets de :

  • Comprendre les principes fondamentaux de l’éclairage artificiel (longueurs d’onde, intensité, durée, etc.) en horticulture et mieux connaître le potentiel des ampoules diodes électroluminescentes (DEL);
  • Connaître les différents types d’éclairage artificiel et leurs principales caractéristiques;
  • Interpréter les caractéristiques techniques de différents systèmes d’éclairage DEL;
  • Comparer différents systèmes d’éclairage DEL.
Claude Vallée ITAQ

Claude Vallée, agr. M.Sc.
Conseiller à la formation continue – Secteur horticole et agricole

Téléphone : 418 856-1110, poste 6400
claude.vallee@itaq.ca
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