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Prolonger la fraîcheur des fleurs pour séduire les consommateurs

Fleurs coupées ITAQ
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Les fermes florales prospèrent et se structurent au Québec. En 2024, l’Association des producteurs et productrices de fleurs coupées du Québec (APFCQ) a vu le jour et n’a cessé d’accueillir de nouveaux membres, enrichissant ainsi l’offre de fleurs locales. Malgré la fraîcheur exceptionnelle de ces produits locaux, il arrive parfois que les fleurs se fanent prématurément chez les clients. Comment éviter ce désagrément ?

Culture et stade de récolte : les fondations d’une belle fleur

La qualité d’une fleur coupée débute par le choix judicieux des cultivars et une régie culturale exemplaire. Ce choix permet de libérer le potentiel génétique des plantes, maximisant ainsi l’énergie contenue dans les tissus de la tige florale et optimisant leur conservation. Une fois cette étape franchie, il est crucial de récolter au bon stade et au bon moment :

  • Le bon stade : Chaque espèce, et parfois chaque cultivar, a ses spécificités. Un stade de développement précis doit être atteint. Récoltée trop tôt, la fleur ne pourra pas s’épanouir correctement, faute d’énergie interne et de conditions adéquates. Récoltée trop tard, elle se détériorera rapidement. Le juste équilibre est donc essentiel en fonction du marché visé.
  • Le bon moment : Le moment idéal pour la récolte est lorsque les fleurs sont pleinement turgescentes. Les moments propices incluent le matin, la fin de journée, et les journées nuageuses. Cette attention à la récolte conduit à la phase cruciale de la manipulation post-récolte.

 

Manipulation post-récolte : préserver la fraîcheur

Les fleurs coupées, produits délicats et périssables, nécessitent une attention particulière après la récolte. Il est essentiel d’appliquer plusieurs mesures pour prolonger leur fraîcheur. Voici quelques recommandations :

  • Réduire l’activité métabolique : le froid est un allié précieux pour ralentir le métabolisme des fleurs. Bien qu’il existe des exceptions, elles doivent être conservées entre 0 et 4 °C, avec une humidité relative de 80 à 90 %. Une température moyenne de 4 °C convient à la plupart des fleurs et permet de limiter les coûts de réfrigération et de réduire l’incidence du Botrytis.
  • Éviter les stress : le parcours entre le champ et le réfrigérateur peut être long pour une tige florale. L’exposition au soleil, au vent, et les manipulations brusques peuvent causer des dommages. Il est essentiel que toutes les tiges soient rapidement immergées dans l’eau, maintenues droites dans des contenants et dégagées de leur feuillage submergé.
  • Assurer une bonne hydratation : maintenir la turgescence des tiges est la clé de la longévité. Une eau à pH acide, comprise entre 3 et 5,5, est mieux absorbée et favorise son ascension dans le xylème. Des contenants propres sont indispensables pour éviter les contaminations bactériennes qui peuvent rapidement bloquer le transport de l’eau. La coupe franche de la tige est cruciale et il est nécessaire de la renouveler régulièrement pour éviter la dégradation des tissus.
  • Fournir des sucres : en tant que partie vivante, la fleur est alimentée par la sève riche en sucres issus de la photosynthèse. Après la coupe, certains types de fleurs bénéficie d’un ajout de saccharose à l’eau de conservation, ce qui permet aux boutons de mieux se déployer, prolonge la durée de vie des fleurs et peut favoriser le maintien des couleurs des pétales.
  • Contrôler les bactéries : la prolifération bactérienne dans l’eau et à l’intérieur de la tige doit être évitée pour prolonger la fraîcheur. Une petite masse bactérienne peut rapidement obstruer les vaisseaux d’absorption d’eau. En maintenant un pH légèrement acide, entre 4,5 et 5,5, on crée un environnement moins favorable à la croissance bactérienne, mais l’utilisation de substances bactéricides est un outil encore plus efficace. De nombreux produits sont disponibles sur le marché, certains spécifiquement conçus pour les fleurs coupées. Des solutions maison peuvent également être envisagées, et il est recommandé de changer régulièrement l’eau des contenants.

Solutions maison pour prolonger la fraicheur chez la clientèle

  • 750 ml d’eau, 250 ml de boisson gazeuse claire (non Diet) et 4 gouttes d’eau de Javel. À renouveler aux deux jours en coupant le bout des tiges florales.
  • Un litre d’eau, une cuillère à thé de sucre blanc, 2 cuillères à thé de jus de citron et une cuillère à thé d’eau de Javel (plus que 4 gouttes, car le citron détruit l’eau de Javel). À renouveler aux deux jours en coupant le bout des tiges florales.

Certaines espèces sont également très susceptibles à l’éthylène, un gaz inodore et incolore, produit naturellement par les végétaux dans leur processus de vieillissement. Les fruits et légumes en produisent, c’est pourquoi il ne faut pas les entreposer avec les fleurs coupées. Les mufliers, les delphiniums, les pois de senteur et les lys sont particulièrement sensibles à l’éthylène qui produit le jaunissement et l’abscission des feuilles ou des boutons.

Pour approfondir ces connaissances, l’Université d’État de Caroline du Nord a mené de nombreux essais sur les cultivars de fleurs coupées, fournissant des données précieuses. De plus, l’Association of Specialty Cut Flowers Growers a financé plusieurs recherches sur le sujet. À l’ITAQ, des formations spécifiques ont été développées pour répondre aux besoins des entreprises florales.

 

Une réputation à bâtir pour les producteurs du Québec

En 2022, l’étude « Évaluation de l’opportunité d’augmenter l’offre de fleurs coupées du Québec, cultivées en champs et en serres », réalisée par la firme Marcon pour l’association Producteurs en serres du Québec, met en lumière la question de la fraîcheur des fleurs locales. Dans sa conclusion, il est souligné que : « La réputation des fleurs coupées québécoises est plutôt mitigée. On reconnaît la qualité de certaines productions, on apprécie la grosseur des fleurs mais en même temps, plusieurs affirment que certaines d’entre elles se fanent trop rapidement …… On constate que les régies de production et de conditionnement sont inégales ». Pour les producteurs du Québec, améliorer cette réputation passe par l’harmonisation des pratiques de production et de conditionnement afin de garantir une qualité constante et répondant aux attentes du marché.

 

La fraîcheur prolongée : un atout précieux pour développer une clientèle

Les attentes des consommateurs étant en constante hausse, quelques jours de fraîcheur supplémentaires peuvent grandement influencer la satisfaction des amateurs de fleurs du Québec. De nombreuses stratégies sont à la portée des entreprises productrices de fleurs coupées pour prolonger la durée de vie de leurs produits. Maîtriser ces techniques est essentiel pour développer et répondre aux exigences croissantes de leurs marchés. En optimisant les pratiques existantes, les producteurs peuvent non seulement améliorer la qualité de leurs fleurs, mais aussi renforcer leur position sur le marché et fidéliser leur clientèle.

Nous sommes là pour vous accompagner dans votre quête de connaissances

La formation Fleurs coupées – Stades de récolte et gestion post-récolte des tiges florales ! permet de : 

  • Connaître les différents traitements (produits, environnement, techniques de conservation) permettant d’optimiser la durée de vie des fleurs coupées selon les espèces;
  • Comprendre la science et les facteurs importants pour la conservation des tiges florales;
  • Planifier une stratégie post-récolte de conservation.
Claude Vallée ITAQ

Claude Vallée
Conseiller à la formation continue – Secteur horticole et agricole

Téléphone : 418 856-1110, poste 6400
claude.vallee@itaq.ca
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