Pas une histoire de Noël, mais presque! En fait, c’est l’histoire de quatre jeunes hommes qui avaient un intérêt en commun : l’agriculture. Provenant de divers endroits du Québec, rien ne les destinait à une très grande et longue amitié. Bernard Poirier, de Bonaventure, René-Paul Rousseau dit Paulo, de Saint-Fabien, Gilbert Morin, de Saint-Eusèbe et Germain Hamel, de Saint-Norbert, se sont rencontrés en septembre 1965 lors de leur entrée à l’Institut de technologie agroalimentaire, l’ITA comme on l’appelait à l’époque.
« C’est en deuxième année que nous nous sommes vraiment liés d’amitié, affirme Germain Hamel. Nous avions déniché un appartement tout près du campus de La Pocatière qu’on avait surnommé le Petit fanal. Inutile de vous dire qu’on a eu bien du plaisir pendant ces années d’études », confie-t-il.
À la remise des diplômes, en 1968, de la quatrième cohorte de l’Institut, ce sont 62 finissants qui ont obtenu leur diplôme. Comme pour tout le monde, les quatre du Petit fanal sont partis chacun de leur côté pour amorcer leur carrière respective. Gilbert a commencé comme représentant pour une entreprise de fertilisants, puis de fil en aiguille, il a œuvré auprès de la Régie des assurances récolte. Germain, lui, s’est dirigé dans le financement, où sa plus grande fierté a été le développement de l’industrie de la canneberge. Paulo a travaillé au cégep de Matane tout en cultivant la terre jusqu’à sa retraite, tandis que Bernard est passé de technicien de laboratoire au cégep de la Gaspésie pour diriger ensuite une ferme laitière et cofonder, en 1989, la Fromagerie de l’Ancêtre.
Malgré la distance et leurs obligations familiales, leurs liens se sont renforcés. « Les conventums organisés par l’ITA aux cinq ans étaient appréciés, mais ce n’était pas assez fréquent à notre goût », raconte Gilbert Morin.
« Nous avons continué à nous voir plus souvent tout en conservant ce lien d’amitié bien réel », poursuit-il. Leur rassemblement en camping est vite devenu un incontournable. C’est ainsi que leurs interconventums sont nés. À partir de 1993, soit à leur 25e année de retrouvailles, leurs rencontres sont devenues quasi annuelles, au grand plaisir de chacun.
Chaque rencontre est marquée d’une touche personnalisée. Pour Bernard, c’est la gastronomie qui est mise de l’avant, notamment avec le homard et la morue. Pour Paulo, le succès de la soirée passe par quelques morceaux à la guitare et au chant. Quant à Gilbert et Germain, ils s’occupent de l’organisation.
La Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent, Québec, le Centre-du-Québec et l’Estrie sont leurs destinations de camping préférées. Leur prochaine rencontre se tiendra à La Pocatière en 2025, là où tout a commencé, en 1965.
« Les anecdotes de notre passage à l’ITA sont toujours des moments privilégiés pour nous rappeler de bons souvenirs », dit Germain. À l’aube des 60 ans de leurs premières rencontres, nous voulions immortaliser ce très grand lien d’amitié qui les unit et qui est si bien ancré en chacun d’eux. Nous leur souhaitons de continuer leurs rencontres encore longtemps!
*Cet article est paru dans La Terre de chez nous du 10 janvier 2025

Caroline Nadeau
Institut de technologie agroalimentaire du Québec