Nouvelles

Un sol vivant est un sol productif

Micro-organisme sol ITAQ
Article
B8D7AD28-D6F6-4C4F-9A45-318E4D6DAD2D

Les sols agricoles du Québec recèlent une richesse biologique peu explorée. La vie microbienne qui les habite, bien que souvent ignorée, joue un rôle clé dans la santé des terres et la fertilité des sols. En comprenant mieux cette vie microscopique, il est possible d’améliorer la productivité des cultures tout en préservant la durabilité des terres. Les micro-organismes du sol sont aussi essentiels à leur fertilité que les bactéries dans notre intestin sont cruciales pour notre santé.

Vie du sol et 38 000 milliards de bactéries humaines  

 On estime qu’un quart de la biodiversité totale de la planète réside dans les sols. Un gramme de sol peut abriter plus d’une centaine d’espèces et un trillion d’individus. De plus, un mètre cube de terre peut contenir plus d’un kilogramme d’organismes vivants. Le sol est donc un véritable réservoir de vie !

De manière similaire, le corps humain abrite une multitude de micro-organismes, dont environ 38 000 milliards de bactéries, principalement dans l’intestin, un organe crucial pour la digestion et le système immunitaire. Et si les micro-organismes du sol, tout comme ceux de notre intestin, étaient essentiels à la santé de vos cultures ?

Microbiote et terres agricoles

Tout comme le corps humain, la vie microbienne est essentielle à la santé des sols. Malheureusement, les sols ont souvent été réduits à leurs seules propriétés physiques, chimiques et mécaniques (ex. : texture, structure, perméabilité, pH, fertilité, matière organique, densité apparente, etc.). En réalité, le sol est un écosystème dynamique et complexe, abritant une multitude d’organismes vivants qui interagissent entre eux et avec leur environnement.

Le rapport 1 de L’Étude sur l’état de santé des sols agricoles du Québec publié en 2023, réalisé sous la direction scientifique du chercheur Marc-Olivier Gasser de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), tire ces conclusions après avoir analysé 431 sites :  «On observe au niveau de la condition physique des sols, des problèmes de compaction, de manque d’aération et de capacité de diffusion des gaz, de circulation de l’eau et de détérioration de la structure ». Des conditions qui ne favorisent pas la santé des sols, que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) définit comme étant la capacité continue du sol à fonctionner comme un système vivant vital, dans les limites des écosystèmes et de l’utilisation des terres, pour soutenir la productivité biologique, promouvoir la qualité de l’air et de l’eau, et maintenir la santé végétale, animale et humaine (FAO, 2015).  

La portion vivante des sols est cruciale pour leur productivité et leur conservation, d’où l’importance de comprendre et de préserver la vie microbienne des sols pour assurer leur santé et éviter leur dégradation.

Les micro-organismes du sol

Les micro-organismes du sol ont souvent eu mauvaise presse, car certains sont responsables de maladies et attaquent les cultures. Il est essentiel de repenser notre approche, car une plus grande biodiversité et une vie microbienne plus riche dans les sols favorisent la productivité des cultures.

Malgré plusieurs systèmes de classification, on peut dire que l’on classe les organismes vivant du sol en quatre grands groupes, selon leur taille :

groupe-biodiversite-sol ITAQ

Schéma des différents groupes de la biodiversité du sol classés par taille.

Source : © Quentin Vincent – Étude des paramètres abiotiques, biotiques et fonctionnels, et de leurs interactions dans des sols délaissés. Thèse de doctorat – Université de Lorraine – https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01896274/document

Les micro-organismes

Ils sont composés de bactéries, de champignons et de microalgues. On y regroupe également les archées, des organismes unicellulaires ayant une structure et une génétique distinctes des bactéries, qui peuvent vivre dans des environnements très variés ou extrêmes, ainsi que des protistes, de tailles et de complexité supérieures comparativement aux autres, mais tout de même majoritairement unicellulaires. Ce groupe est responsable de l’activité microbienne d’un sol, notamment de la décomposition de la matière organique (avec libération de nutriments essentiels aux plantes), de la fixation de l’azote atmosphérique, de la régulation des populations d’autres organismes et de l’amélioration de la structure du sol.

La microfaune

Elle représente des petits animaux mobiles présents dans le sol et dont la taille est inférieure à 0,2 mm. Dans cette catégorie, on retrouve des protozoaires, des nématodes, des amibes, des rotifères et des tardigrades, qui jouent également un rôle important dans la décomposition de la matière organique, la formation de la structure du sol et sa fertilité.

La mésofaune 

Elle est constituée d’organismes dont la taille se situe entre 0,2 et 4 mm. On y retrouve de nombreux microarthropodes et méso-invertébrés, dont les deux groupes majoritaires sont les collemboles et les acariens. Ce groupe joue un rôle essentiel dans la microfragmentation et le brassage de la litière du sol, favorisant ainsi le processus de décomposition de la matière organique. En brisant les tissus organiques, ils permettent une augmentation de la surface d’échange avec la microfaune, l’humidification et la modification du pH du sol. De plus, en déplaçant et en fragmentant la matière organique, ce groupe participe à l’amélioration de la structure du sol, en augmentant sa porosité et sa capacité de rétention en eau.

La macrofaune

Elle est bien visible à l’œil nu et comprend des animaux entre 4 et 80 mm. Cette catégorie inclut les vers de terre, certains insectes (forme adulte ou larvaire), des araignées, des mollusques et petits crustacés. Certains sont prédateurs et interviennent dans la régulation des populations. D’autres sont phytophages et se nourrissent de végétaux vivants, tandis que d’autres sont des décomposeurs et favorisent, encore une fois, la décomposition de la matière organique des sols. Les organismes de la macrofaune peuvent également modifier la structure physique du sol, en creusant des galeries ou en ingérant la terre.

Entre ces groupes, il existe une zone grise pour bien classifier, comme c’est souvent le cas pour le vivant. La macrofaune est ce qui est plus gros, et l’humain en fait partie. Sauf exception, elle vit à la surface du sol et joue également un rôle dans la fertilité des sols, en redistribuant la matière organique.

Valoriser la vie microbienne : un défi pour l’avenir de l’agriculture

La vie microbienne, qu’elle soit dans les sols ou dans le corps humain, est essentielle à la santé et à la productivité. Les sols, souvent réduits à leurs propriétés physiques et chimiques, sont en réalité des écosystèmes dynamiques abritant une biodiversité incroyable. Il est essentiel de valoriser et de préserver la vie microbienne pour assurer la durabilité des terres agricoles. La compréhension et l’utilisation des micro-organismes présents dans les sols représentent une approche clé pour l’avenir de l’agriculture.

Nous sommes là pour vous accompagner dans votre quête de connaissances

Sylvie Thibaudeau, agr. M.Sc., consultante pour Terre à Terre agronomes-conseils et conseillère au Club agroenvironnemental du bassin La Guerre, offre deux formations pour maximiser la vie au sol afin de rentabiliser ses productions :

Claude Vallée ITAQ

Claude Vallée
Conseiller à la formation continue – Secteur horticole et agricole

Téléphone : 418 856-1110, poste 6400
claude.vallee@itaq.ca
LinkedIn

Partager

À propos des fichiers témoins (cookies)

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez les fichiers témoins (cookies) utilisés, entre autres, afin d’améliorer votre expérience de navigation et personnaliser le contenu du site web.